Jeudi 1 octobre 2009 4 01 10 2009 14:09

En Chine, dès qu'un de nos vénérables dictateurs socialistes met un pied dans la tombe, on retape sa demeure familiale pour en faire le modèle stéréotype du véritable petit prolétaire, image si cher au cœur de notre grand Parti. C'est une constante. Tout le monde y passe. Mao Zedong et sa petite ferme de Shaoshan dans le Hunan, Deng Xiaoping et sa modeste demeure de Guang'an dans le Sichuan, Jiang Zemin et sa pauvre cabane de Yangzhou dans le Jiangsu...
Faut pas croire mais ce genre de bêtises ça attire les masses. Et puis c’est formateur pour les enfants : « tu vois mon fils, regarde les conditions misérables dans lesquels vivait celui qui est devenu président, prends en d’la graine et te chie pas dans tes études ». On fait des folies architecturales en construisant un beau musée moderne à coté de la maison et on y entasse tout ce qui a appartenu à feu le président.


Tout ça pour dire que vous allez avoir droit à la maison de Deng Xiaoping. Concrètement Deng Xiaoping fut le successeur de Mao, ce ne fut pas un mauvais président, loin de la. C’est lui qui a réparé la plupart des bêtises de Mao. Enfin bon je l’aime bien le petit Deng (avec une admiration limitée, c’est quand même lui qui a envoyé les chars à Tian An Men).
On y trouve des choses intéressantes. Il faut savoir que Deng Xiaoping est venu étudier dans notre bel hexagone. Comme il n’était pas très motivé par les études, il a fini par aller bosser à l’usine. Eh ouais, on est communiste ou on l’est pas.


J’aime beaucoup cette phrase qui résume assez bien l’ambiance qu’on trouve pendant ce genre de visites « il avait déjà profondément expérimenté la dureté de la vie et était complètement aware sur la cruauté de l’exploitation capitaliste, et il commença à étudier le marxisme. » Prend toi ça dans les dents Oncle Sam !



Ici c’est la maison de Deng. C’est grand quand même.



Bon je vais pas vous faire la liste de tous les objets préhistoriques qu’on trouve ici. Pour exemple voici la table. Ca me fait marrer parce qu’on a la même dans le salon (véridique).



Mais ce que j’aime le plus dans ce genre de sanctuaires, c’est cette bonne humeur et cette joie communiste qui émane de toutes les personnes présentes. Tout le monde a l’air heureux et fier de faire parti de cette grande fraternité qu’est la Chine. C’est délicieusement faux-cul. J’adore ! On pourrais passer la journée à écouter l’hymne nationale chanté par une classe d’enfants sages et filmé en direct live par Sichuan TV. Que d’émotions mes amis !



Mais la palme de l’émotion revient sans conteste à la Castafiore locale. C’est la beauté du play-back sans l’artifice. Une petite musique nasillarde sortant d’un minuscule poste de radio made in Taï… pardon China et cette femme toute pleine de paillettes accompagnant la musique de ses cris silencieux et agitant ses bras dans tous les sens comme si elle voulait faire fuir les moucherons capitalistes. Le tout face à un lac plein de lotus fleuris. Moi je dis, quand on a vu ça une fois dans sa vie, on réalise combien le monde est beau et bien fait !


Par PetitLu - Publié dans : Voyages en Chine - Communauté : L'Empire du Milieu
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Dimanche 9 août 2009 7 09 08 2009 11:29

Vous n'aviez peut-être pas encore remarqué mais je ne parle pas beaucoup de cuisine sur mon blog. Et bien voila, c'est chose faite, j'inaugure « le coin des daleux » pour les amoureux de la bouffe bizarre à base d'ingrédients étranges.
Je commence par la cuisine du Tibet qui est finalement assez proche de ce qu'on pourrait imaginer : rognons de yack et salade de lichen. Comme tout repas, on le commence avec l'apéro. Le the tibétain est un savant mélange de lait de yack, d'eau et d'autres ingrédients dont je serais bien incapable de vous citer le nom. Au niveau gustatif ca ressemble à de l'eau bouillie avec un fond de fromage bien fermenté. Malgré ce qu'on peut penser, c'est super agréable de retrouver les sensations du fromage après tant de temps passe loin de notre calendos et on se surprend à redemander un bol.


En plat de résistance on a le yack. Comme ça, ça semble bizarre. Du yack... et pourquoi pas de l'autruche ? Et bien je peux vous dire que le yack du Tibet il déchire sa race. Tout d'abord n'allez pas vous imaginer des folies gustatives. Le yack c'est ni plus ni moins du bœuf avec des poils. Et comme on ne mange pas les poils, ben le yack c'est du bœuf. Mais qu'est ce qu'il est bon ce bœuf ! Quand on le met dans la bouche on imagine aisément le restaurateur prenant son 4x4 et partant dans la montagne chercher un gros yack comme on cueille des champignons. Quand il a trouve le bon spécimen, il le découpe et une heure après le yack est dans votre assiette. 100% bio donc. Et c'est boooon !!


En dessert on a le yaourt au lait de yack. Je vous avais bien prévenu que c'était pas très varié au niveau de la matière première. Moi, j'aime pas trop le yaourt personnellement. Mais je pense que les amateurs auraient su apprécier. Y'a du grumeau et c'est naturel.
 
Par PetitLu - Publié dans : Le coin des daleux - Communauté : Voyages
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Mercredi 5 août 2009 3 05 08 2009 07:21

Comment vous raconter le reste de mon périple ? Pas facile... Bon concrètement on a fait des heures de voiture sur des routes blindées de nid-de-poule (et pourtant je n'ai vu aucune poule) à attendre le prochain spot à touristes pour faire notre quart d'heure photo. Moi ca m'amusait pas beaucoup mais le reste de l'équipe avait l'air de bien rigoler. Alors bon, j'allais quand même pas contrarier ma future belle-famille.
Comme ce serait fort pénible à écrire, fort ennuyeux à lire et que j'ai déjà prévu de descendre au cyber jouer à Far Cry cet après-midi, je vais vous balancer en vrac les photos qui m'ont marqué, ému, fait rire ou pleurer comme dans Pékin Express (je vous invite d'ailleurs à retrouver toutes ces émotions en cliquant ici).

Pour revenir à l'article précédent tout d'abord. Je voulais au moins une photo pour appuyer ma plaidoirie à propos du fait que les moines se servaient de billets de banques comme papier hygiénique. C'est fait. Ouais, le temple est modeste, les fidèles sont un peu radins à l'approche des fêtes de Noël, mais c'est le seul endroit où j'ai pu photographier. Au Potala, il y'a tellement de billets qu'on sait même plus quel est le bouddha qui se cache derrière.




Enfin voici une photo de l'éclipse du 22 juillet 2009 en direct de Lhassa. C'est marrant j'ai appris la veille qu'il y'aurait une éclipse. Quant aux lunettes anti-éclipse, ici c'est une technologie totalement inconnue.


Je vous parlais du ketou aussi. Vous savez cette tradition de se taper trois ou quatre fois la tête par terre pour prier Bouddha. Et bien en chemin on a croisé quelques champions du monde ketou. Ca faisait bien cinq ou six heures qu'on roulait, et eux ils allaient dans l'autre sens en plein milieu de la route et faisaient un ketou à chaque pas jusqu'au Potala. Je sais pas combien de temps ca leur prendra mais une chose est sur, ils y sont encore au moment ou j'écris. Heureusement qu'ils sont protégés par leur foi, parce que moi athée comme je suis, j'aurais pas survécu longtemps allongé au milieu d'une nationale.


Bon, c'est le grand jeu concours « ou est le moine ? » Un photo prise comme un voleur qui m'a valu de me faire invectiver par le moine. J'ai été fair-play et j'ai mis 1 元 devant Bouddha pour la peine..


Ca c'est le pont de la confiance. Si tu arrives à le traverser sans peur c'est que tu cèdes ta confiance trop facilement et que tu finiras par te faire baiser. Enfin c'est la philosophie que j'en ai retiré après être arrivé de l'autre coté.


Nous sommes aussi allé à Linzhi, une petite bourgade tibétaine entourée de jolis paysages. Sur la route on a vu les yourtes. On s'est arrêté mais dans le coin c'est la vraie misère. A peine sorti du minibus on se fait sauter dessus par une escouade de gosses qui nous demandent de l'argent ou des vêtements. En échange de quoi ils prennent des photos avec les touristes, mais concrètement ils ont surtout l'air d'en avoir rien à foutre. Ca sèche la séance photo, ça esquive l'objectif... Bref j'ai trouve ca très glauque et j'ai choisis de ne pas mettre lesdites photos sur mon blog.


Ici ce sont les flyers à prières. On les jette en l'air et ca porte bonheur. Enfin une bonne raison de polluer !


Et voici une vue de la ville de Linzhi.


Les petits cochons.


Les chevaux.


Et les yacks.


Ici c'est une petite video concoctée par mes soins. J'ai seulement marché une à deux minutes et j'en peux déjà plus, à 5200 mètres d'altitude c'est assez insoutenable.

Par PetitLu - Publié dans : Voyages en Chine - Communauté : Voyages
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Vendredi 31 juillet 2009 5 31 07 2009 07:17
A peine sorti du train, voila que nos guides nous tombent dessus, nous passent une echarpe en simili-soie, nous gratifient de quelques tachidelek et nous font poser devant la gare de Lhassa, histoire de dire "ouais, nous on l'a vu !" Ce qu'il faut savoir c'est que dans cette dangereuse partie du monde peuplee de yack et de creatures mi-yack mi-humains appeles tibetains, le gouvernement chinois, dans son immense mansuetude prefere nous voir partir avec un guide habitue a ces contrees hostiles. Ce qu'il faut savoir aussi c'est que tachidelek en tibetain ca veut dire bienvenue, mais ca sert a plein d'autres choses. En fait si il y'a un mot a connaitre pour aller au Tibet c'est bien celui-la, des qu'un tibetain vous croise, croyant (a raison) que vous parlez tibetain comme une vache espagnole, il vous lachera un tachidelek. Le seul mot que les touristes comprennent. C'est sans doute pour cette raison que tous les commerces s'appelent maintenant "tachidelek gift shop" ou "tachidelek tibetan restaurant" sans compter les "tachidelek hotel"... Bref, me voila au sortir de 50 heures de train, la tete dans le cul, sale comme un poux, trainant peniblement mes bagages. Mais heureux parce que bon, j'ai quand meme mon echarpe tachidelek !


Le premiere chose qui choque a Lhassa c'est qu'on trouve plus de Han que de Tibetains. Moi qui m'attendais a etre completement perdu, en fait je suis comme a la maison. Le guide parle meme le sichuanais, c'est pour dire. Il y'avait plus de tibetains a Zhongdian dans le nord du Yunnan (rappelez-vous, Shangri-la). Heureusement, malgre les recommandations du guide, nous nous sommes courageusement aventures hors de l'hotel apres 21 heures. On n'est pas mort et on a rencontre un tibetain sympa qui nous a fait office de dictionnaire electronique le temps d'une soiree. Chaque fois qu'on prononcait un mot, il nous le repetait en tibetain. On a donc elargis notre vocabulaire de 1 mot a 250 mots le temps d'une soiree. Enfin en theorie seulement.


Le lendemain nous sommes alles voir le Potala. Que dire ? Le Potala c'est grand, c'est joli, c'est le palais du Dalai Lama (qui a quelques problemes de passeport ces derniers temps). Tout d'abord, en face du Potala on a construit une grande place qui presente l'interet de voir, au milieu des touristes Han, quelques pelerins tibetains faisant le ketou face au Potala. Le ketou c'est une genuflexion ou le front doit toucher le sol. Comme il faut en faire beaucoup, les pelerins viennent avec un tapis et des especes de gants de toilettes pour ne pas se raper les mains a force de prieres.


Et voila le Potala et son drapeau chinois qui flotte fierement. C'est grand.


On monte ensuite d'innombrables marches dans une atmosphere qui manque un peu d'oxygene. Mais bon on se plains pas le Dalai Lama il le fait tout le soir pour rentrer dans sa piaule. Et puis la vue est sympa. Tout cela nous mene a l'entree du centre de la Terre. Eh ouais ! Vous le saviez pas hein ? Ben, l'entree c'est au Potala et c'est Hitler qui l'a dit. Il a envoye une mission au Tibet afin de chercher comment est-ce qu'on pouvait bien se rendre au centre de la Terre. Quand la mission est revenue, le mec a declare que l'entree se trouvait sous cette curieuse obelisque. Je le soupconne d'avoir un peu bacle le travail.


A la fin des escaliers on debouche sur l'entree du palais accompagnee de ses panneaux "no photos", de ses surveillants vigilant et de ses nombreux adeptes du bouddhisme tibetain qui refusent qu'on prenne en photo les statues de bouddha. Voila les trois raison pour lesquelles je n'ai pas pris de photos a l'interieur du palais. C'est pas que j'en ai pas eu envie.


A l'interieur ce qui surprend c'est qu'aucune piece n'est vraiment plus grande que mon salon. C'est un veritable labyrinthe de pieces minuscules. Comme il y'a beaucoups de visiteurs, on est bouscule de tous les cotes mais les gens sont relativement calmes, rien de comparable avec le supermarche. On s'amuse bien avec les tibetains et leurs longs cheveux de hippies, des qu'ils me voient ils me lancent un grand sourire puis retournent aussitot se cogner le front contre les pieds des Bouddhas.
Le culte a la Han c'est different. La, on oublie le ketou. Non pour les Han il faut balancer du billet bien frais. C'est assez marrant de voir de veritables collines de billets de banque devant certaines statues. Et attention, si la plupart des gens balancent des petites coupures, un nombre non-negligeable balance du gros billet. Du 100 元 tout fretillant.
Les tombes des Lama sont au Potala, ce sont de gros cubes d'or massif incrustes de pierres precieuses. Je m'attendais a une vision un peu plus monacale de la chose, voir ces gros paves d'or recouverts de billets ca donne plus l'impression d'etre a Wall Street (avant la crise) que dans un lieu de religion. J'ai meme vu un billet de un dollar coince entre les mains d'un Bouddha c'est pour dire. Heureusement l'encens est toujours la et quelques moines font la priere.
L'apres midi nous sommes alles visiter le temple de Jokhang qui n'est pas bien grand pourtant. L'entree coutait 85 元 (8,50 euro) et les visiteurs affuaient a longueur de journee. Je me suis renseigne et il y'aurai 2500 visiteurs par jour. Donc sans compter les offrandes cela fait (calculatrice) 212500 元 soit 21250 euro. Ce qui me pousse a me poser la question : que font-ils avec tout ce fric ? Chaque fois que j'ai demande j'ai eu la meme reponse "c'est pour l'entretient du temple". Bon faut pas deconner quand meme, un ouvrier chinois, meme grassement paye, ca va pas chercher plus de 30 euro par jour. Alors 20000 euro par jour ! Meme si on me les donnais je saurais pas comment les depenser avant le coucher du soleil. Enfin bon, j'arrete avec ces considerations bassement materielles. Mais quand meme, si quelqu'un pouvais eclairer ma lanterne ca m'aiderais a mieux dormir ce soir.

Bon j'ai un peu extrapole sur le temple le Jokhang. Alors revenons a nos yacks. Finalement on a quand meme vu la chambre du Dalai Lama. C'est marrant mais ca m'a fait penser a une piaule d'etudiant baba cool en 68. C'est tout petit, la deco vient de son dernier voyage au Nepal, y'a pas la tele parce que ca envoie de mauvaises vibes... Enfin bon, il manquait que le bang sur la table de chevet pour que l'illusion soit parfaite.
On est ensuite repartit par un autre chemin. Le temps de photographier un arbre a fric comme il en pousse souvent pres des temples.


On a ensuite pu contempler la ville de Lhassa qui n'est pas tres belle a mon gout. Mis a part un centre ville un peu typique et tres touristique, on est confronte a du nouveau vieux un peu partout : construit recemment mais mal construit si bien que quelques annees plus tard on dirait deja du vieux. Enfin bref, a part si vous avez de tres bon yeux, vous ne verrez pas tout ce que je raconte alors je me tais.


Et voici quelques photos du temple de Johkang. C'est ici qu'on procede au tirage au sort du nouveau Dalai Lama parmis une meute d'enfant choisis en fonction des differents signes qui ont pu accompagner leur naissance, si il est ne un 29 fevrier, si il a six doigts a la main droite ou si il n'a pas nombril comme Hitchcock (desole c'est la deuxieme fois que je la place celle la, mais ca me tue de savoir qu'Hitchcock n'etait pas un mammifere). Enfin c'etait la methode qu'on appliquait avant que le gouvernement ne decide d'intervenir dans le tirage au sort. Non mais faut pas deconner non plus ! Un Lama qui a pas sa carte du Parti, on est ou la ? Voila quelques photos du temple. Pour le reste pas grand chose a dire. C'est joli, plein de touristes et les Bouddhas sont couvert de billets.

On retrouve cette femme-oiseau un peu partout dans les temples tibetains. Je sais pas trop qui c'est, mais promis je vais me renseigner pour les prochains articles.



Encore elle.


Les moines surveillent les fideles : "Qui n'a pas fait peter ses 100 boules ?" Pret a preparer une priere explosive et delatrice a l'adresse de Bouddha.

Par PetitLu - Publié dans : Voyages en Chine - Communauté : L'Empire du Milieu
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Lundi 27 juillet 2009 1 27 07 2009 07:16

Ca y'est, les papiers sont en regles. Ce fut difficile mais je peux enfin visiter legalement le Tibet. Et pour bien faire il faut s'y rendre par le train le plus haut du monde. C'est le fameux train presurise dont tout le monde parlait il y'a encore quelques annees. Il traverse par des regions gelees d'un bout a l'autre de l'annee et passe par le col de Tanggula a plus de 5000 metres d'altitude.
En apparence c'est un train chinois classique. Mis a part ces petites reserves d'oxygene en cas de malaise, tout est semblable. On retrouve les 5 classe, lit mou, lit dur, siege mou, siege dur et sans siege. Le defile de chariots proposant grande beuverie et moulte ripaille au voyageur depensier. Le wagon restaurant dont la file d'attente s'etend jusqu'a trois wagon plus loin aux heures de repas. La lumiere qui s'eteind a dix heure et la musique qui reprend a sept heure, respectant ainsi le cycle de sommeil chinois. Moi qui m'attendais a un train aussi futuriste que kitsch avec une apparence de Concorde et un interieur semblable a celui de l'Entreprise, je suis decu.


Un petit jeu : comment ecrit-on "dioxyde de carbone" en tibetain ? C'est pas si dur que ca en a l'air, il suffit d'etre un peu observateur. Le reponse est a la fin de l'article.*

Le train mettra deux jours et deux nuits pour arriver a destination. Et pour cause, il fait un joli tour de la Chine de l'ouest. C'est pas direct, ca va lentement et ca passe par de beaux paysages. C'est un peu comme le petit train a Disneyland mais qui requiert bien plus de patience. Bien que le train n'avance pas en suivant des lignes droites comme je l'ai dessine, l'itineraire ressemble a peu pres a ceci.


Le Gansu (甘肃) : une des trois grandes regions musulmanes de Chine. On arrive a la limite des regions Han. C'est une region assez desertique et surpeuplee. Partout, les gens ont place des serres pour tenter de faire pousser quelque chose mais ca ne donne pas grand chose. Par contre on trouve des petites maisons disseminees un peu partout. A l'approche du Qinghai, la vegetation devient un peu plus dense mais c'est pas encore vraiment ca. C'est pas ici que j'aimerai vivre, j'aime les endroits plus verts.



Le Qinghai (青海) : l'endroit dans lequel je reviendrais. Pas besoin de visa ou de guide. Ici une tente, une boussole et des provisions suffisent a voyager. Ce sont des collines vertes ou sont loges de petits villages perdus au milieu de nul part. Le sol est sillonnee de petites rivieres. Bref, ca a l'air d'un endroit super agreable pour faire de la marche. Par contre j'imagine qu'il faut bien s'equiper parce qu'il n'y a pas un village derriere chaque colline.



On est deja haut, on retrouve une specificite du plateau tibetain : il n'y a pas d'arbres.


Le lac Qinghai, c'est le plus grand lac sale du monde. Il nous a encore fallut plusieurs heures pour le longer.


Le Tibet (西藏) : exepte les passagers qui venaient se coller sur une vitre puis sur l'autre comme de grosses mouches ebaillis a chaques nouvelles decouvertes, on a passe pres de trois heures sans rien voir de vivant, pas d'homme, pas de vaches, pas de moutons, pas d'oiseau, pas meme un arbre... rien. Juste de la plaine.
On s'est arrete dans des gares qui n'en portaient que le nom. Des quais au milieu de la plaine. Meme en scrutant aussi loin que vous pouvez, vous ne voyez pas d'habitations. Et pendant que vous vous posez la question "pourquoi avoir construit une gare ici ?" un petit mec arrive, charge un sac sur sa moto et repart vers la ligne d'horizon. "Ah, c'etait pour ca ?!"


Et apres 40 heures de train ca commence a peser.

Quand j'ai vu le soleil se coucher sur le Tibet, j'ai eu le souffle coupe, les yeux revulses et les couilles qui me sont remontees dans la gorge (enfin a peu pres).



Avez-vous deja vu une ligne d'horizon aussi plate ailleurs que sur l'ocean ?


Les premieres tentes a l'approche de Lhasa, la vie reprend.


*reponse : l'avant dernier caractere de la phrase est en fait un CO2 ecrit verticalement. Si si, j'vous jure !
Par PetitLu - Publié dans : Voyages en Chine - Communauté : images du monde
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